La présence d'un élu RN au Te Deum à Tournai fait polémique: "La réaction de certains est tout à fait dérangeante"
Suite à la présence d'un député RN aux cérémonies du 21 juillet, plusieurs élus ont réagi. L'homme serait arrivé sans invitation, et sans indiquer son affiliation politique.
- Publié le 22-07-2025 à 16h08

Marie-Christine Marghem s'est défendue d'avoir invité cet homme politique, rappelant que l'événement est ouvert au public. "Il est venu de son propre chef, parce qu'il a de la famille à Tournai et qu'il est vice-président de l'amical franco belge à l'Assemblée nationale. Dans ce cadre, à sons sens, il se doit d'entretenir des liens, affirme la bourgmestre. J'ai toujours la même attitude vis-à-vis de tout le monde lorsqu'on vient sur mon territoire en paix, dans le respect de la démocratie. Je reçois l'ambassadeur de Chine, le maire de Bethléem, j'ai géré l'affaire du Jardin des Justes… Je n'ai rien à dire si les gens ne manifestent pas d'attitude anti- démocrate. Ce monsieur n'a pas donné de discours, n'a pas fait preuve de prosélytisme, il ne dit pas qu'il représente son parti, mais la République. Tout ce qui compte ce sont les actions et les faits, et je serai toujours extrêmement vigilante là-dessus." Marie-Christine Marghem confirme avoir reçu cet homme politique dans son bureau il y a quelques mois, simplement "parce qu'il souhaitait faire son travail", pour l'amitié franco-belge, "mais ce n'est pas pour autant que je vais faire appel à lui lorsque j'aurais besoin de discuter avec la région du Nord", assure-t-elle.
Inconnu des échevins
Parmi les élus tournaisiens, bien certains figurent tout sourire sur des photographies auprès du député français, peu semblent avoir eu connaissance au préalable de l'orientation politique de Guillaume Florquin : "Je n'étais pas au courant du tout, assure l'échevine écolo, Caroline Mitri. J'ai dit bonjour aux personnes présentes, je ne savais pas qui c'était… Au Te Deum, on a surtout les personnes de la société civile d'habitude et le consulat français. On n'a pas l'habitude de voir des élus français. Pour ma part, je pense que lorsqu'on est dans un moment qui célèbre la Belgique, on doit mettre aussi en avant les valeurs de la démocratie, et non les extrêmes. De plus, la commune a voté la motion antifasciste, on a une position claire sur le sujet… Nous allons en reparler, mais je dois d'abord comprendre comment cela est arrivé." Johakim Chajia, conseillé communal écolo, nous l'a répété : "la position d'écolo est claire : l'extrême droit ce n'est pas une idéologie comme les autres. On dit non au rejet de l'autre, au populisme et oui aux valeurs de la démocratie. On ne transige pas avec ces partis."
Pour l'échevin Engagé, Benjamin Brotcorne, cette affaire est "une tempête dans un verre d'eau, un non-événement" : "On a croisé cet élu qui ne s'était pas annoncé. Nous n'organisons pas nous-même le Te Deum. Il s'est présenté comme un élu du Nord, il n'a pas dit qu'il était de tel ou tel parti. Je me sens totalement étranger à tout cela et dépité, non pas par ce qui est arrivé, mais parce que certains essaient d'en faire un événement, de la récupération politique, c'est tout à fait dérangeant. C'est après le drink qu'on a appris que ce monsieur est du RN, et ce n'est clairement pas mon parti préféré, vous vous en doutez… Mon expérience s'arrête à cette rencontre sur le parvis de la cathédrale. Ce n'est pas mon personnage politique préféré dès lors qu'il est membre d'un parti non démocratique. Les photos que l'on peut voir avec lui et les poignés de main qu'il y a pu avoir ne révèlent rien sur le plan des idées, ce sont juste des moments qui peuvent arriver en société."