La FGTB s'en prend à l'émission "C'est vous qui le dites" de Vivacité suite à une séquence sur les enseignants
Le syndicat socialiste annonce vouloir déposer deux plaintes contre le programme qu'anime Cyril Detaeye.

- Publié le 01-06-2026 à 15h27
- Mis à jour le 01-06-2026 à 15h33

Depuis sa mise à l'antenne en 2007, plus d'une fois C'est vous qui le dites a traversé des tempêtes. L'émission autrefois animée par Benjamin Maréchal et désormais pilotée par Cyril Detaeye (Jean-Louis Lahaye n'a présenté que la première saison) a été maintes fois prise à partie. Ses détracteurs lui reprochent de donner la parole à des quidams en mode café du commerce, donc sans contrôle du contenu, avec l'expression de points de vue non acceptables et de biaiser les débats par le choix des sujets abordés et la façon de les annoncer à l'antenne.
Cette dernière critique est reprise à son compte par la FGTB qui n'a pas apprécié le débat organisé autour des actions et des grèves dans l'enseignement en réaction aux mesures prises par le gouvernement Arizona. Une séquence intitulée "Le chantage des enseignants". Le syndicat socialiste proteste "vigoureusement contre le traitement d'une certaine presse qui ne cesse de dénigrer et de stigmatiser les manifestants et grévistes".
Le principe de neutralité de l'émission n'existe plus estime l'organisation syndicale qui parle aussi d'un intitulé orienté et dénonce l'absence d'expert autour de la table.
Deux plaintes
La CGSP annonce vouloir déposer deux plaintes, indiquent nos confrères de SudInfo. La première auprès du Conseil de déontologie journalistique (CDJ) pour "manquement déontologique dans la présentation et le développement du sujet", la seconde auprès du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) pour "diffamation et injure en public".
Contrairement aux habitudes, la CGSP n'a pas prévenu la RTBF avant de publier son communiqué. Voilà pourquoi les représentants du syndicat au sein de la RTBF sont convoqués vendredi par l'administrateur général Jean-Paul Philippot.
"C'est vous qui le dites" déjà visée en interne
En novembre dernier, c'est la Société des journalistes de la RTBF qui avait déploré la façon dont Cyril Detaeye choisit les sujets soumis au débat dans son rendez-vous. Elle avait jugé la ligne éditoriale "univoque" et non "équilibrée, pluraliste et factuelle".
Sans remettre en cause l'existence de l'émission, elle estimait aussi que l'animateur ne prenait pas en compte les alertes en amont faites par les managers et experts de l'information au sein du service public.
Sollicitée par nos confrères de La DH, la RTBF avait alors déploré que les critiques formulées par la Société des journalistes se retrouvent étalées sur la place publique. "Cette émission touche un large public et offre quotidiennement une pluralité de points de vue, quel que soit le sujet du débat et c'est la raison de son succès", avait-on ajouté du côté du boulevard Reyers.
La ministre en charge des Médias avait aussi été interpellée au parlement suite à la sortie de la Société des journalistes de la RTBF. Jacqueline Galant avait répondu que "dans le contrat de gestion de la RTBF, il y a une obligation d'encourager le débat et de donner la parole à tous les citoyens et d'interagir avec tous les publics. Je pense que la direction de la RTBF a d'ailleurs confirmé que l'émission C'est vous qui le dites répondait à ces objectifs de contrat de gestion."
"Tant que je serai ministre des Médias, je me battrai pour que tous les citoyens, et non pas un seul petit microcosme, aient la parole dans le média public ; qu'ils financent, peu importe qui ils sont ou ce en quoi ils croient", avait-elle conclu.