Le coût des inondations pour la Wallonie ? "Au-delà de 3 milliards d'euros", selon Willy Borsus
Les particuliers et indépendants wallons supportent environ la moitié du fardeau provoqué par les inondations de juillet. Le ministre de l'Economie Willy Borsus (MR), en déplacement à Paris, a détaillé les chiffres.

- Publié le 24-08-2021 à 18h25
- Mis à jour le 25-08-2021 à 17h36

"Au-delà de 3 milliards d'euros." Le ministre de l'Économie wallon, Willy Borsus (MR) se veut prudent lorsque l'on aborde avec lui le coût des inondations du mois de juillet pour la Région wallonne.
"Pour le moment, l'estimation toujours provisoire des dégâts couverts en 'risque simple', c'est-à-dire pour les habitations, les indépendants ou les commerçants de proximité, tourne autour de 1,3 milliard et 1,7 milliard d'euros", ajoute-il, en pleine réflexion. Pour rappel, la Région compte débloquer deux milliards d'euros, dont 800 millions issus, et donc réaffectés, du plan de relance wallon. "Nous ne pouvions pas ne rien faire […]. Il faut évidemment ajouter les dégâts pour les moyennes et grandes entreprises ainsi que pour les infrastructures. Le chiffre final n'est pas encore connu, les quantifications sont encore en cours. L'estimation finale sera plus précise dans les prochains jours mais nous nous trouverons vraisemblablement au-delà des trois milliards d'euros", lâche-t-il.
Un coup dur pour la Wallonie, qui a vu sa dette doubler ces cinq dernières années, particulièrement creusée avec la crise du Covid-19.
"La dette wallonne est désormais estimée à 31 milliards d'euros", avance-t-il en marge de la rencontre des entrepreneurs de France ("La REF") organisée par le Medef et placée sous le symbole de la francophonie et du développement économique des régions qui la constituent.
"Les indicateurs en Wallonie témoignent d'une reprise forte"
En s'éloignant sur la pelouse de l'hippodrome de Longchamp, où se déroule l'événement cette semaine, le ministre ajoute : "Il n'y a pas de lien direct a priori mais il est clair que le développement socio-économique est l'une des réponses à l'endettement incontournable auquel nous avons dû souscrire dans le contexte de la crise Covid et, plus récemment, des inondations".
C'est pour cela que le ministre, qui fait siens les mots de Saint-Exupéry "la pierre n'a point d'espoir d'être autre chose que pierre. Mais de collaborer, elle s'assemble et devient temple", a fait le déplacement, pour établir des partenariats et défendre les intérêts wallons.
"Il faut relancer l'activité, la formation, réformer l'alternance… La meilleure réponse à l'endettement wallon est de développer la Région, d'y créer de la valeur. Avec une diminution du chômage à la clé et le développement de l'innovation", affirme-t-il.
"Les indicateurs en Wallonie témoignent d'une reprise forte. Juillet est le cinquième mois de recul du chômage. Il y a une hausse de 17 % des créations de nouvelles entreprises et la Wallonie a réussi à mieux maintenir ses exportations que certaines régions comparables. Il faut aujourd'hui que l'on puisse poursuivre, pour que ce ne soit pas un effet temporaire. Et pour cela, il faut mobiliser la main-d'œuvre", conclut-il, confiant.
