Une "love story" contemporaine
Séduction, rencontre, séparation, réconciliation… Avant même de se marier, ce vendredi à Londres, le prince William et Kate Middleton ont déjà connu plusieurs années de vie commune. Retour, en deux volets, sur les parcours de "la petite princesse" du Berkshire et sur celui qui aurait bien voulu être policier pour protéger sa maman.
- Publié le 29-04-2011 à 07h23
- Mis à jour le 29-04-2011 à 10h11

Elle est mieux que lui", entend-on dire. La planète n'aura d'yeux que pour Catherine "Kate" Middleton, ce 29 avril, quand, aux côtés du prince William, elle redescendra l'interminable allée centrale de l'abbaye de Westminster et montera dans le carrosse qu'avaient occupé, il y a trente ans, le prince Charles et lady Diana Spencer.
Cette future Reine d'Angleterre est une pimpante et jolie roturière. Kate Middleton n'a pas mis un pied de travers depuis qu'elle rencontra à l'université de Sint Andrews, en Ecosse, il y a dix ans, un certain William Wales. C'est elle qui semble avoir pris en charge toute cette histoire d'amour bien contemporaine, avec ses hésitations, une rupture, une réconciliation, une attente patiente et la dernière ligne droite menant au mariage. On ne lui connaît que des admirateurs. De l'école à l'université, de ses jeunes années dans une famille unie à son entrée dans les cercles royaux, des premières parties de cache-cache avec les photographes à ses toutes nouvelles obligations officielles, le parcours a été exemplaire. Ne serait-ce la longévité traditionnelle des membres de sa nouvelle famille, elle serait couronnée demain la plus séduisante des reines d'Angleterre.
Catherine Elizabeth "Kate" Middleton est née en janvier 1982 sous le signe du Verseau dans le comté Royal du Berkshire. Le père descend de riches commerçants en laine; la mère, d'une famille humble ayant compté des mineurs dans le comté de Durham. L'histoire des familles heureuses se ressemble, depuis Tolstoï. C'est sûr que Kate Middleton adore sa mère, Carole, son père, Michael, son frère, James, et surtout sa sœur cadette, Pippa. Jeunesse sans histoire dans le village de Bradfield Southend et puis à Bucklebury (2 000 habitants, une boucherie, un cabinet médical, un salon de thé et, aujourd'hui, un flot quasi ininterrompu de curieux ou d'autocars). Kate brille en classe et sur les terrains de sport (record du saut en hauteur dans son école). Ses petites condisciples se moquaient d'elle et l'appelaient "la petite princesse"…
Entrée à l'université en 2001. Elle a choisi la même faculté d'histoire de l'art qu'un certain William Wales. "Tout le monde savait que c'était sa petite amie", racontait un de ses camarades. William Wales, qui se faisait appeler "Steve" pour semer les indiscrets, et Kate Middleton habitèrement ensemble, modestement, dans un petit village voisin. Il fallut attendre le retour dans le monde et la vie officielle pour que cette histoire fasse les grands titres et n'aboutisse à la fameuse "rupture" d'avril 2007. C'est le "Sun" qui annonça "en exclusivité mondiale" que le prince William et Kate Middleton avaient rompu pendant leurs vacances à Zermatt en Suisse. Selon le tabloïd, un ami intime du couple affirmait que Kate s'était plainte que William passait trop de temps avec ses copains et ses copines. "Il ne lui prêtait pas assez attention", avait-elle confié. Le Prince avait bafouillé lors d'une conférence de presse qu'il était beaucoup "trop jeune pour se marier". Quelques mois plus tard, on les photographia, assis à quelques pas l'un de l'autre, lors d'un "concert pour Diana".
Voici ce qu'on a pu lire du compte rendu de la première obligation officielle de la fiancée du prince : "Kate Middleton, portant manteau beige et bottes à talons hauts, a passé brillamment son premier examen lors de la plus traditionnelle des cérémonies, le lancement d'un bateau de sauvetage. Souriante et détendue, elle fit grande impression en chantant sans faute l'hymne national gallois, le Hen Wlad Fy Nhadau (Terre de mes Pères)." "Tant de monde, s'exclama-t-elle. Je n'en reviens pas. C'est incroyable." C'était l'occasion de comparer le style de la Diana d'il y a trente ans et celui de Kate. "Ce n'est pas difficile de voir la différence", lit-on dans le "Daily Telegraph". "Diana venait d'avoir 20 ans et essayait de concilier les demandes de son apprentissage royal avec son besoin de se faire aimer et accepter. Sa fragilité avait quelque chose de touchant. C'est cela qui lui valut cette sympathie qui, finalement, éclata au grand jour lors de ses funérailles." Revenant à Kate Middleton, le journal ajoute : "Il était difficile d'imaginer que Kate ne remplisse ses obligations autrement qu'à la perfection. Elle a son style comme ne manque pas de nous le rappeler les photos prises lors d'un défilé de mode et la petite robe transparente qu'elle portait à l'époque. Kate va nous apporter sa magie propre. Elle va nous fournir une nouvelle raison d'être attachés à notre monarchie."
Pas de trace de la jolie blonde aux yeux bleus, qui, timide, rougissante, effarouchée comme un petit animal sauvage, suivait un prince de Galles dans ses déplacements. C'est une jolie brune au sourire espiègle qui a pris la place de la blonde écervelée. Voila une tête solidement placée sur de jolies épaules. Les féministes n'ont pas osé crier comme il y a trente ans : "Ne fais pas ça, Kate." Pendant que son futur mari poursuit sa carrière de pilote d'hélicoptère (quitte à atterrir un matin dans la prairie de ses futurs beaux-parents), elle alimente sagement la rubrique par son sens de l'économie. Elle ressort les robes d'il y a quatre ans et lance la nouvelle mode du manteau "London Contrast" : "celui qu'elle avait porté en 2006 aux courses à Cheltenham et qu'elle a fait raccourcir au-dessus du genou par son amie Katherine Hooker". Cela tombe bien en cette période difficile.
Le prince William a le choix. Son titre officiel en fait "Son Altesse Royale, le prince William Arthur Philip Louis de Galles, chevalier du nobilissime ordre de la Jarretière". Ses parents l'appelèrent "Wills". Pour ses copains à l'université, soucieux de son anonymat, c'était "Steve". Les autorités académiques avaient admis "William Wales". Sa naissance le condamne à régner un jour sous le nom de "William V", mais c'est sûr qu'il préfère son présent avatar, celui de "lieutenant d'aviation William Wales". Le prince William est pilote d'hélicoptère, chargé des opérations de sauvetage à la 22e escadrille de la Royal Air Force. Il est basé à Anglesey au Pays de Galles. Sa première mission, le 10 octobre 2010, il l'a due à un appel des garde-côtes de Liverpool. Le prince était copilote à bord du Sea King qui évacua un malade d'une plate-forme d'exploitation du gaz dans la baie de Morecambe.
C'est le métier qu'il a choisi faute de jouer au soldat en première ligne en Afghanistan, comme son frère, le prince Harry. Voilà comment il raconte sa journée : "C'est poussé, comme pilotage. Cela donne la frousse quand on vole de nuit en pays de montagne avec un type comme moi aux commandes. C'est bien de savoir qu'on peut sauver une vie ou aider quelqu'un dans une situation difficile. Je tenais à prouver que ce métier ne devait rien à ma naissance". Il y a une "autre affaire" qui donne la frousse au prince William : son mariage. Dans la même interview, le pilote confiait qu'il était tellement nerveux lors d'une répétition à l'abbaye de Westminster que ses "genoux s'entrechoquaient". Et d'ajouter : "C'est intimidant mais, enfin, je me réjouis. C'est passionnant". Ainsi se résument les deux grands amours de la vie du prince William : les hélicoptères et Kate Middleton.
La famille royale a été critiquée pour son peu de goût pour les études. William doit à sa mère, feue la princesse Diana, d'avoir pu étudier à Eton, la magnifique école dans la campagne anglaise, juste à la sortie de Londres, et d'avoir échappé à l'écossaise et austère Gordonstoun, à laquelle avaient été condamnés son père, le prince Charles, et son grand-père, le duc d'Edimbourg, et quelques-uns de ses oncles. A Eton, il se débrouille plus ou moins bien dans les trois sujets de son choix. Il obtint d'excellents résultats en géographie, de bons points en histoire de l'art et de piètres notes en chimie. Il enregistre quand même les meilleurs résultats scolaires d'un membre de la famille royale. Il est meilleur que son père, surtout au water-polo et au football, où il fut le capitaine de son équipe. Ce dut être une période sans histoire si l'on excepte la lecture des tabloïdes racontant les aventures sentimentales de ses parents. Le prince est épargné par les journalistes. "Le prince William n'est pas une institution, ni un acteur de feuilleton télévisé, ni une vedette de football", dit la Commission de Déontologie de la Presse. "Ce restera un enfant pendant les prochaines années qui seront probablement les plus importantes et les plus difficiles de sa vie".
Les journaux se rattrapent l'année suivante. Le Prince prend une année sabbatique. On le voit, par exemple, s'entraînant avec l'armée britannique à Bélize, ou donnant des leçons dans une école chilienne. C'est à ce moment que les Britanniques apprennent une nouvelle réjouissante : le Prince aime être traité comme tout le monde. Il sait faire la vaisselle et récurer les toilettes. A la rentrée à l'université de Saint Andrews, en Ecosse, il rencontre Kate Middleton. Il a 19 ans, elle aussi. C'est tôt dans la vie du jeune couple. Il s'est fourvoyé dans cette faculté d'histoire de l'art; elle a des propensions artistiques. C'est à l'insistance de Kate que le jeune "Steve" accepte de ronger son frein pendant quatre ans sur les sièges de la faculté alors qu'il rêve d'une carrière militaire et des avions. L'endroit était idyllique. "Steve" et Kate, ainsi que les appelaient leurs copains, vivent dans une ferme située dans la campagne écossaise. Le Prince a de bons résultats à la fin de ces études : une distinction, comme Kate. C'était cool.
Cette histoire d'amour au grand air permit au Prince, pour la dernière fois, d'échapper aux contraintes de son rôle de futur roi. L'immensité de ses obligations lui avait été tôt révélée. On raconte que le petit William confia un jour à sa mère, la princesse Diana : "Quand je serai grand, je me ferai policier pour te protéger". "Tu ne peux pas", rétorqua son petit frère Harry. "Ton métier, c'est de devenir roi". Le petit Prince avait alors sept ans. Il en avait quinze quand, avec son frère Harry, il suivit la dépouille de sa mère dans cette même abbaye de Westminster. Il aura vingt-huit ans et dix mois quand il y épousera, ce 29 avril, Kate Middleton.
Personne n'a raconté comment les petits princes, William et Harry, grandirent dans une famille malheureuse où le père, le prince Charles, était retourné à ses premières amours et où la mère entamait une éperdue partie de cache-cache avec la presse, son entourage, sa famille et ses amants. Dieu sait quand le prince William succédera à son père, le prince Charles, ou, en cas de malheur, à sa grand-mère, la reine Elizabeth. Les Britanniques, qui ne sont pas tous passionnés par cette histoire, ont un vœu : pourvu qu'il ait trouvé, avec Kate Middleton, la stabilité, la paix familiale et l'art de rire aux éclats qui lui ont si cruellement manqué lors du mariage raté de ses parents.
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