Les chiffres à la hausse traduisent-ils le début d'une seconde vague de l'épidémie ? Analyse avec Yves Van Laethem
Depuis sept jours consécutifs, les nouvelles contaminations au Covid-19 augmentent. Une seconde vague ? Il serait plutôt question d'une vaguelette estivale.
- Publié le 14-07-2020 à 20h13
- Mis à jour le 15-07-2020 à 10h55

Ce mardi, il y avait, selon la moyenne journalière calculée sur les 7 derniers jours (4 au 10 juillet, chiffres des trois derniers jours non consolidés), 95,3 nouveaux cas quotidiens dans notre pays. Depuis sept jours consécutifs, la tendance, en matière de nouvelles contaminations au Covid-19, est à la hausse. "Et il s'agit (aujourd'hui) de la moyenne journalière la plus haute depuis le 23 juin. Les hausses se remarquent surtout dans la population active, entre 20 et 60 ans", résumait l'épidémiologiste de Sciensano, Brecht Devleesschauwer.
Après avoir assisté à "une marée descendante continue puis à un plateau remarquablement calme", analyse Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus, ces chiffres illustrent-ils la seconde vague tant redoutée de l'épidémie ? "La hausse des contaminations est inquiétante, mais elle ne signifie pas que l'on est devant une deuxième vague", assure l'expert. À défaut, "ce ressac pourrait être prémonitoire de la première vaguelette de l'été" et atteindre le seuil de 20 % d'augmentation hebdomadaire de nouveaux cas, "seuil plus inquiétant à partir duquel le pays passerait en zone orange". Cette augmentation s'explique par "le fait que les personnes peu ou asymptomatiques se font tester, ou par le manque de précautions", précise M. Van Laethem.
Dans le second cas, quelles sont les mesures prévues et applicables immédiatement pour contrer cette vaguelette ? S'il n'existe pas, à la connaissance du Pr. Van Laethem, de protocole particulier pour une telle recrudescence des cas, la vigilance est de mise. "On suit attentivement l'évolution de la situation", garantit-il. À cet égard, les moyens d'action existent puisqu'il est désormais possible de suivre l'évolution de l'épidémie commune par commune "et d'ainsi savoir ce qui se passe au niveau local : s'il y a eu une grande fête ou un mariage", potentielles sources de propagation. "Des inspecteurs d'hygiène et des gens de Sciensano sont prêts à investiguer ce qui se passe à un endroit précis pour qu'il ne devienne pas la pierre au milieu du lac dont les vagues s'étendent."
Au besoin, des mini-confinements localisés
Justement, la hausse des cas se remarque surtout dans les provinces d'Anvers, du Limbourg et de Liège. "Des mini-confinements locaux de zones précises (un groupe de communes ou de quartiers) sont une solution si la situation s'exacerbe", explique Yves Van Laethem. Cela n'est pas envisagé actuellement puisque, au sein de ces provinces, "on n'observe pas quelques communes flamber. C'est plus diffus".
Pas d'alarmisme donc, dans le chef du porte-parole interfédéral. "En resserrant les boulons, en rendant le port du masque obligatoire dans les lieux publics clos, en surveillant qu'il n'existe pas de clusters importants qu'il faudrait circonvenir ou isoler", la vaguelette ne devrait pas se transformer en vague. Et si c'était le cas, "le politique nous donne des chiffres qui nous montrent que l'on pourrait y faire face, estime-t-il. Le nombre de tests est suffisant et pourrait être augmenté ; le suivi épidémiologique est bétonné ; les hôpitaux sont prêts et le matériel disponible ; le traçage est opéré par des gens formés. Cela nous montre que l'on est prêt à tuer le problème dans l'œuf avant que la bête n'en sorte".