Les Engagés ne sont pas prêts à rompre leur lien privilégié avec le MR à Bruxelles
Le MR présente ce mercredi une "déclaration de politique régionale" derrière laquelle ils espèrent réunir une majorité pour gouverner la Région bruxelloise.


- Publié le 28-05-2025 à 06h36

Le MR va enfin mettre ses cartes sur table. Le samedi 17 mai, le président des Engagés Yvan Verougstraete disait dans La Libre laisser "une semaine ou 10 jours maximum" au MR pour sortir du bois. On y est. Le président libéral Georges-Louis Bouchez et son chef de file bruxellois David Leisterh présenteront ce mercredi, en fin de matinée, une "déclaration de politique régionale" derrière laquelle ils espèrent réunir une majorité pour gouverner la Région bruxelloise.
"On a eu quelques échanges avec le MR ces derniers jours, on a remis nos remarques, on verra bien ce qu'il va en ressortir, commente M. Verougstraete, joint mardi par La Libre. Pour l'instant, on n'a pas le texte définitif et on ne sait pas quels sont les contacts préliminaires que le MR a eus avec les autres partis. C'est trop tôt pour pouvoir préjuger. Mais, pour nous, cette initiative, qui porte sur le contenu, vaut la peine d'être creusée."
Il nous revient d'une source libérale que des contacts récents ont eu lieu entre les dirigeants des deux partis. Ils ont permis d'apaiser les libéraux quant aux intentions des Engagés, alors que la deadline fixée par Yvan Verougstraete avait irrité les libéraux.
Cela dit, pas de faux-semblant. Peu d'interlocuteurs politiques bruxellois croient réellement que l'initiative du MR a une chance d'aboutir, près d'un an après les élections. "J'ai vu la capacité du PS à faire des compromis. J'étais effaré de voir ce que le PS acceptait. Mais Bouchez a toujours refermé la porte", dit une source impliquée dans les tractations.
"Les Engagés en ont marre de jouer avec Georges-Louis Bouchez, qui ne donne pas l'impression de chercher réellement une solution et semble se satisfaire de cette posture dans laquelle il peut taper sur Bruxelles et la gauche", appuie un contact néerlandophone. "Et je ne vois pas David Leisterh en capacité de rassembler une majorité pour soutenir un projet", complète un troisième interlocuteur.
En plus, le PS ne fera aucun cadeau au MR. Mardi, Ahmed Laaouej, le président des socialistes bruxellois, grillait ainsi la politesse aux libéraux en réunissant dans la soirée Vooruit, Écolo, Groen, le PTB et la liste Ahidar pour "un échange de vues sur la situation politique" bruxelloise, dans une tentative de forcer la constitution d'une majorité de gauche au Parlement régional.
"Je trouve un peu dommage que le PS ait déjà misé sur un échec de l'initiative du MR, reprend M. Verougstraete. Cette initiative du PS, de toute façon, ne nous concerne pas puisqu'elle inclut le PTB", avec qui Les Engagés refusent de gouverner.
La piste d'une majorité de centre-gauche
Si les deux tentatives, celle du MR et celle du PS, échouent, la piste d'une majorité de centre-gauche pourrait être activée. Côté francophone, elle réunirait PS, Engagés, Écolo et Défi. Elle n'aboutira que si les centristes acceptent de lâcher le MR, avec qui ils gouvernent à tous les étages (fédéral, Wallonie, Communauté française).
"On ne le fera que si on n'a vraiment pas le choix, car comment justifier de mettre le premier parti bruxellois dehors ? Le PS devrait nous payer le prix fort", prévient un Engagé. "Ce sera très, très compliqué, tant politiquement que mathématiquement (un axe PS-Engagés-Ecolo-Défi n'aurait pas la majorité en commission au Parlement bruxellois, ce qui compliquerait le vote des textes gouvernementaux, NdlR), et ce n'est pas à l'ordre du jour", tranche Yvan Verougstraete. "En physique, la pression est le résultat du poids divisé par la surface. On veut regarder les initiatives une à une. Aujourd'hui, l'initiative, c'est celle du MR. On veut lui donner un maximum de chance de réussir, et ce n'est pas en divisant la surface, en examinant en même temps d'autres initiatives, donc en augmentant la pression, qu'on va y arriver. Nous, on est concentrés à 100 % sur la démarche du MR. On veut avancer vite. Et on analysera la faisabilité de chaque initiative une à une."