Ahmed Laaouej officialise sa tentative de former une majorité bruxelloise de gauche : le PS vise une majorité avec le PTB ou… les Engagés
Le socialiste va tenter de former un gouvernement bruxellois sans le MR, qui était pourtant arrivé en tête du scrutin le soir du scrutin du 9 juin.

- Publié le 26-05-2025 à 16h22
- Mis à jour le 26-05-2025 à 16h34

Il avait annoncé la couleur, dès ce 1er mai, avançant ensuite pas à pas. Ahmed Laaouej a officialisé, en quelque sorte, sa tentative de former un gouvernement bruxellois de gauche, sans le MR, près d'un an après les élections remportées par les libéraux.
La Fédération bruxelloise du PS a en effet mandaté ce lundi son président, Ahmed Laaouej, pour "approfondir" les contacts menés ces dernières semaines avec les différents partis politiques en vue de former "une majorité progressiste" en Région bruxelloise. La nouvelle a été annoncée à l'issue de son bureau politique.
Près d'un an après les élections, Ahmed Laaouej prend enfin une initiative-ce qu'il avait toujours refusé de faire, laissant la main à David Leisterh- en vue de former un gouvernement. il n'est pas formateur à ce stade, précise le PS à la Libre, puisqu'il n'a pas reçu de mandat de négociations des autres partis. En cas de succès, il pourrait toutefois prétendre au poste de ministre Président bruxellois...
"À la veille du 1er mai, un appel a été lancé par 89 signataires issus de la société civile bruxelloise, appelant à la constitution d'une majorité de progrès pour sortir du blocage politique", rappelle un communiqué. "En réponse à cet appel, le PS bruxellois avait indiqué sa disponibilité à s'inscrire dans une telle dynamique, constatant, onze mois après les élections et malgré les accords antérieurs, l'exclusive émise par le MR à son encontre le 24 avril".
On le savait déjà, mais l'axe PS-MR, qui s'était formé au sortir de l'été dernier, est bel et bien mort. Depuis plus de trois mois, toutefois, les deux partis se regardaient en chien de faïence, attendant de voir l'autre faire un geste dans sa direction. Ahmed Laaouej s'inscrit désormais dans une nouvelle séquence. Il va tenter de former un gouvernement de gauche, sans le MR, pourtant arrivés en tête du scrutin le soir du juin.
La première piste, discutée ces derniers jours, consiste à former une coalition PS-Ecolo, côté francophone, laquelle serait soutenue par le PTB depuis l'extérieur, tandis que l'axe néerlandophone se composerait de Groen, de Vooruit, avec sans doute le soutien de Fouad Ahidar depuis l'extérieur également.
La piste PTB est presque condamnée
La piste qui mène à "ce nouveau front populaire bruxellois" semble toutefois très compliquée à traduire dans la réalité.
Selon nos informations, la décision du bureau du PS bruxellois procède d'une volonté d'approfondir les contacts pris ces dernières semaines, mais les socialistes n'ont pas réalisé, à ce stade, de percée significative dans leurs contacts avec le PTB et Ecolo.
Les verts avaient fait savoir la semaine, via Zakia Khattabi, qu'ils rejetaient les scénarios de gouvernement minoritaire. Cette position reste d'actualité.
Et convaincre le PTB d'embarquer dans un exécutif qui devra réduire fortement les dépenses s'annonce fort difficile, quand bien même le parti d'extrême gauche est sensible à la perspective d'empêcher la formation d'un gouvernement bruxellois "de droite", et d'installer une résistance à l'Arizona depuis la capitale.
Les Engagés plutôt que le PTB ?
Reste encore la piste d'un gouvernement de centre-gauche, dans lequel les Engagés viendraient s'associer au PS et à Ecolo, et lâcheraient le MR. Les centristes ne rejettent pas cette perspective a priori, mais elle ne fait figure que de plan B, en cas d'échec de l'initiative de David Leisterh, qui a promis de venir avec une note ces prochains jours.
Le PS, quant à lui, semble ne pas se sentir concerné par l'initiative du président du MR bruxellois, avec qui les contacts sont nuls.
Reste à savoir qui, du MR ou du PS, se montrera le plus convaincant.